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En raison des coupes budgétaires, la formation va payer un lourd tribut

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De nombreux cantons suisses affichent des finances dans le rouge en cette fin d'année. Une majorité d'entre eux est sur le point de couper dans les prestations. Or, l'un des premiers secteurs touchés par les coupes est celui de la formation obligatoire et post-obligatoire. Plus d'un demi-milliard de francs d'économies sont prévues dans ce domaine ces prochaines années.

Le Jura, le Valais et Fribourg ont tranché

En Suisse alémanique, les mesures d'économies prévues jusqu'en 2018 atteignent déjà 536 millions de francs.

La Suisse romande n'est pas en reste. Le Jura va économiser ces trois prochaines années 8 millions de francs, que ce soit pour l'école obligatoire ou le post-obligatoire. En Valais, les autorités ont fait valider tout récemment par le peuple une mesure qui permet en adaptant la grille horaire de surseoir durant 3 ans à une dépense annuelle de 7 millions et demi qui aurait été nécessaire pour l'engagement d'enseignants supplémentaires.

Autre exemple, Fribourg a déjà validé près de 1,8 million de francs d'économie afin de maîtriser la croissance du nombre de postes dans le domaine de l'enseignement. Et un montant presque équivalent sera rediscuté par le Conseil d'Etat l'année prochaine.

"On touche à la substance de l'école"

Pourtant, les interlocuteurs approchés par la RTS estiment tous qu'il faudrait preuve de beaucoup plus de modération dans ce domaine. C'est le cas notamment de la ministre jurassienne Elisabeth Baume-Schneider qui quittera son poste demain après 13 ans passés à la tête de la formation dans le Jura.

Si elle peut comprendre certaines mesures, d'autres sont beaucoup plus dommageables: "Quand on commence à parler de la grille horaire, des heures de soutien, des mesures dédiées aux élèves... Là, on prend des risques. Et certains partis, notamment l'UDC en Suisse alémanique, doivent ensuite prendre leurs responsabilités et assumer le fait qu'il ne s'agit pas de simplement mettre au pas des chefs de département un peu trop à gauche ou humanistes, mais qu'ils touchent à la substance de l'école", a-t-elle déclaré à la RTS.

L'importance de la matière grise

Jean-Marc Haller, secrétaire général du syndicat des enseignants romands, estime pour sa part que la classe politique devrait se souvenir que si la Suisse n'a pas de matière première, elle a des cerveaux, et qu'il est faux de vouloir économiser dans l'école obligatoire.

"La Suisse est parmi les pays qui ont le meilleur système éducatif, démontre l'étude PISA. Mais la même étude, dont la dernière date de 2012, a montré que la Suisse était le seul pays qui avait diminué sa part de produit intérieur brut dans l'école obligatoire. Par contre on augmente l'investissement au niveau du secondaire II et du tertiaire. Il faut arrêter de croire que 'petits élèves, petits soucis, petits problèmes et petits salaires'. Il faut mettre les meilleurs enseignants dans les premiers degrés de la scolarité. C'est là que se jouent les principaux enjeux de la formation des élèves au niveau de leurs capacités à multiplier leurs compétences. C'est à ce niveau qu'il faut investir."

A Berne de desserrer l'étreinte?

La formation a donc besoin de moyens suffisants. Mais d'où pourrait venir ce financement supplémentaire? C'est peut-être de Berne que la solution pourrait venir, en arrêtant notamment de réduire les recettes financières des cantons, notamment avec la troisième réforme de l'imposition des entreprises et le prochain programme de stabilisation.

C'est en tout cas l'avis de Monika Maire-Hefti, la nouvelle présidente de la Conférence intercantonale de l'instruction publique de la Suisse romande et du Tessin. Elle en appelle aux Chambres fédérales: "On est en train de se tirer une balle dans le pied (...) Nous ne pouvons pas priver les collectivités publiques des recettes pour remplir la mission de la formation, qui est une mission noble que nous devons pouvoir assumer dans les cantons avec des moyens suffisants."

La formation a un coût, mais c'est un coût qui est un investissement pour l'avenir. Et c'est ce discours qu'entendent prôner aujourd'hui les défenseurs de l'enseignement.

(sources RTS)

(17.12.2015)
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